| Fête
de la musique... Concert sauvage... |
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Après
quelques années à avoir, comme beaucoup d'autres,
célébré cet évènement en musique,
dans les différents quartiers de la capitale, on a pensé
qu'il était temps de faire tomber quelques idées reçues
selon lesquelles les musiciens de tous bords, amateurs ou pros,
devaient se produire gracieusement sous pretexte que c'est la fête
de la musique. Je pense notamment à certains dirigeants d'établissements
qui voient comme une faveur le fait d'offrir généreusement
une prise de courant, quelques bières et un coin de trottoir
aux musiciens venus chercher un asile éphémère.
Evidemment, comme beaucoup de musiciens, le 21 juin est avant tout
pour nous, un prétexte pour se retrouver et empoigner nos
instruments pour faire la joie des copains, des fans fidèles
ou du public de passage, sans objectifs de recettes. Mais quand
la prestation collabore à remplir les caisses du troquet,
la moindre des choses est de rémunérer l'artiste dans
une mesure raisonnable. D'autant que c'est souvent nos potes qui
payent. L'idée étant, avant tout, de passer un bon
moment, cette année nous avons décidé de partir
à l'aventure sans rien demander à personne, avec notre
attirail et notre nouvel ami, le groupe électrogène
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Après
avoir chargé notre sono, nos amplis, nos guitares et quelques
barrières métalliques empruntées à la
ville (oui, j'ai dit "empruntées"!) à bord
de mon vieux camion Citroën qui nous offrait une véritable
scène de 5 mètres de long, nous avons pris la route
avec notre embarcation digne d'une BD de Margerin... Boooooorn to
be wiiiiild !...
Nous
voilà donc partis, Goran et moi, sur notre vieux bahut toujours
vaillant bien que plus que trentenaire (comme nous tous !), tels
des gamins sur un manège, le sourire aux lèvres et
les yeux brillants d'impatience. Gilles et Péo, nos envoyés
spéciaux sur place, étaient chargés de repérer
les lieux et de soudoyer les agents de la maréchaussée
afin de pouvoir investir un emplacement adéquat à
nos ébats musicaux. Finalement, on a bien fait d'attendre
et de ne pas partir trop tôt... "Périph fluide",
c'est comme dans un rêve. A peine 1/2 heure de route, radioguidés
tant bien que mal par Gilles, malgré le ronronnement du Diesel.
Nous
avions décidé de nous rendre vers les quais de Seine
(de scène !), du côté de la bibliothèque
François Mitterrand, premièrement parce qu'on ne voulait
pas trop s'enfoncer dans les méandres de la capitale et subir
la circulation, surtout après nos journées de boulot
respectives, et puis aussi parce que l'endroit nous semblait agréable
et suffisamment spacieux pour y accueillir un large public. Notre
première surprise fut de voir à quel point l'endroit
était fréquenté... pire que sur les plages
de Saint-Tropez en plein mois d'août ! Il faut dire que la
météo nous avait particulièrement gâtés.
Les quais noirs de monde, et visiblement, pas de groupes à
proximité... une aubaine !
Premières
négociations avec les gardiens de la paix... (comme disait
Coluche, au lieu de nous la garder, ils feraient mieux de nous la
foutre !). Cela dit, on doit avouer que l'encadrement était
particulièrement bienvenu et bien organisé. C'était
appréciable et rassurant à la fois. Nous nous sommes
adressé au premier agent assermenté à l'entrée
de la passerelle qui descend sur les quais, et il nous a aimablement
répondu qu'il était hors de question de nous laisser
accéder avec notre véhicule. Tous les groupes devaient
s'installer avant 18h. Désormais, tous les accès étaient
bloqués... |

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Evidemment, étant donné qu'on débarquait à
l'improviste et au culot, il fallait se douter que la tâche
n'allait pas être aisée. Il faut dire aussi que descendre
sur les quais avec notre camion gros comme un mammouth parmis la
foule relevait de la cascade, mais ça ne nous faisait pas
peur. Je me voyais déjà ajouter à l'agent :
"Je vous préviens qu'on a la puissance de feu d'un croiseur
et des flingues de concours..." à la façon "tontons
flingueurs", mais je craignais que mon sens de l'humour ne
soit pas du goût de tout le monde, ce qui risquait de gâcher
un peu la fête !
En
bons élèves, nous avons donc fait profil bas et avons
repris la route sur une centaine de mètres vers la 2ème
entrée. Là, un agent plus jeune et sans doute moins
expérimenté nous a acceuillis. En bons roublards que
nous sommes, nous lui avons simplement confié que son collègue
à l'autre bout du quai nous avait conseillé d'utiliser
cette entrée, beaucoup plus pratiquable. "Ah... et bien,
si mon collègue vous l'a dit, allez-y."
Ouf, notre sens de la diplomatie était enfin récompensé.
Tels des repris de justices de série-B, nous avions franchi
le premier barrage. On s'enfonçait alors avec notre mastodonte
parmi la foule incrédule, jusqu'à l'emplacement de
rêve que nous avaient réservé nos complices.
Un parking immense nous attendait au bord de l'eau, et toujours
une foule impressionnante qui naviguait de péniches en buvettes. |
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Le
grand déballage...
Une fois nos marques prises, nous nous affairions à dérouler
nos câbles, et déjà les curieux commençaient
à s'agglutiner timidement comme des poules autour d'un sac
de grain. Tout s'annonçait plutôt bien, un petit vent
frais ébourriffait nos chevelures décadentes, quand
soudain, un trouble-fête vint nous annoncer d'un ton appuyé
qu'il était hors de question qu'on reste stationné
là, que c'était un parking privé... bla-bla-bla...
(malin, maintenant qu'on a tout déballé !). Etant
d'un naturel très courtois, nous avons donc commencé
à parlementer en argumentant intelligemment nos propos. Bah
oui, après tout, le parking était peut-être
privé mais aucune pancarte n'en faisait mention, et puis
la péniche à laquelle appartenait le-dit parking était
fermée ce soir-là. Alors, on ne voyait pas en quoi
c'était gênant, surtout un soir pareil !
(On fait pas de mal hé... on est une bande de jeunes, on
s'fend la gueule !...). D'autant plus que le public commençait
à s'attrouper, affamés comme des mouches autour d'un
pot de miel. J'aime autant vous dire qu'il aurait fallu un régiment
pour les décoller. C'était un peu comme si on essayait
de retirer un os de la gueule d'un chien. L'individu, bien déterminé,
s'éloigna pour téléphoner, sans doute au propriétaire
des lieux, puis disparut dans la foule sans qu'on ait pu parlementer
plus longtemps. Bref, on ne l'a jamais revu... |
L'émeute semblait donc évitée et le public chaud
comme la braise s'impatientait. Un bon coup de ficelle sur le lanceur
et le groupe électrogène démarra au quart de tour
(ouf !). Quelques réglages succincts, une pseudo-balance et hop...
on est parti pour 2h30 non-stop de blues rock'n'rollé. Le résultat
était au-dessus de nos espérances... un vrai concert en
plein air sur une scène digne de ce nom, une énergie communicative,
avec un public déchaîné... le pied ! Entre nos propres
compositions, nous avons enchaîné un bon répertoire
de standards pour le plaisir de tous.
Et comme toutes les bonnes choses ont une fin, il a bien fallu qu'on remballe,
au grand désespoir des irréductibles qui avaient manqué
le début. Mais pas d'inquiétude, on reviendra. Car cette
année, la fête de la musique portait bien son nom...
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